Chère lectrice, cher lecteur,
L’autre jour, j’étais tranquillement installée sur le balcon d’un ami, thé à la main…
Quand mon regard s’est posé sur le grand conifère qui trônait devant nous.
Et là, qu’est-ce que je vois…
Plein de petites taches d’un vert presque fluo, qui ressortaient fièrement au milieu des branches plus sombres.

Je les ai immédiatement reconnues : Des jeunes pousses d’épicéa.
Alors je me suis exclamée :
“Vite, allons faire un sirop !”
L’épicéa, ce conifère qui soigne vos bronches depuis des siècles
L’épicéa commun (Picea abies) n’est pas qu’un beau sapin de Noël 🙂
C’est aussi une plante médicinale puissante, utilisée depuis des siècles par les peuples des forêts boréales pour passer l’hiver !
On dit que les marins du Grand Nord mâchaient ses jeunes pousses pour éviter le scorbut, tellement elles sont riches en vitamine C.
Il faut dire que les jeunes pousses ont des propriétés exceptionnelles. Elles sont :
- 🌿 Expectorante et fluidifiantes – Parfaites contre la toux grasse ou les bronchites
- 🌿 Antiseptiques des voies respiratoires, grâce à leurs huiles essentielles naturelles
- 🌿 Anti-inflammatoires – Elles ont une action douce sur les muqueuses
- 🌿 Reminéralisantes et toniques au sortir de l’hiver
- 🌿 Et stimulantes pour vos défenses immunitaires
Autrement dit, un petit sirop d’épicéa, c’est LE remède qu’il vous faut pour l’hiver !
Mais pour l’avoir en fin d’année, il faut cueillir les pousses quand elles sortent, c’est-à-dire maintenant 😀
1ère étape : Reconnaître l’épicéa (et ne pas le confondre avec l’if)
Pour partir en cueillette, il faut connaître les clés d’identification de la plante !
Je vous rassure, quand on connaît les critères, c’est très facile de reconnaître l’épicéa commun des autres conifères.
Il se reconnaît à 3 signes simples :
- ✅ Les aiguilles sont piquantes, raides, et fixées tout autour du rameau (en goupillon, comme une brosse à bouteille)
- ✅ Les jeunes pousses sont d’un vert pétant, presque fluo, et sortent au bout de chaque rameau au printemps
- ✅ Les cônes sont pendants et tombent au sol entiers

À ne pas confondre avec le sapin (Abies alba), dont les aiguilles sont plates, douces, et dont les cônes pointent vers le ciel. Bonne nouvelle cela dit : les jeunes pousses de sapin se consomment aussi, vous ne risquez rien si vous confondez ces deux-là !
Par contre, il faut être très vigilant à ne pas confondre l’épicéa avec l’if commun (Taxus Baccata), qui lui est mortellement toxique.

Les aiguilles de l’if sont plates, molles, disposées en deux rangées comme un peigne.
2ème étape : La cueillette des jeunes pousses d’épicéa
Une fois que vous avez bien identifié votre épicéa commun, il vous suffit de cueillir les magnifiques jeunes pousses vertes pommes qui poussent aux extrémités des rameaux :

Vous allez voir que la pousse se détache très facilement, comme un bourgeon mûr 🙂
Quelques règles cependant à respecter : choisissez un arbre loin d’une route et ne dénudez jamais entièrement une branche de ses pousses.
Une fois que vous avez récolté vos jeunes pousses…

C’est parti pour la préparation de votre sirop !
3ème étape : La préparation du sirop cru, méthode kôso !
Pour faire votre sirop, on va adopter la méthode kôso.
C’est un sirop cru sans aucune cuisson, qui permet de conserver tous les bienfaits de nos jeunes pousses 🙂
Le principe est très simple :
Commencez par rincer rapidement vos jeunes pousses à l’eau.
Dans un bocal en verre, mettez ensuite une couche de jeunes pousses, une couche de sucre, une couche de jeunes pousses… Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus !

Recouvrez ensuite d’un linge propre et d’un élastique.
Puis déposez votre bocal dans un endroit chaud pour que le sucre fonde naturellement.

N’hésitez pas à venir remuer quotidiennement pour que les jeunes pousses libèrent bien leur jus 🙂
Au bout de quelques jours, le sirop commence à apparaître.
Plus il fait chaud, plus ce sera rapide !
4ème étape – Filtration, conservation et dégustation !
Quand le sirop est bien liquide, il est prêt à être mis en bouteille !
Filtrez au chinois en pressant doucement pour récupérer chaque goutte.
Transvasez dans une belle bouteille en verre, et conservez au réfrigérateur : le sirop se garde plusieurs mois au frais.
Quand l’hiver arrive, vous pouvez soit prendre ce sirop en préventif (1 cuillère à soupe pour soutenir l’immunité).
Ou en traitement pour soulager la toux.
Santé ! 🙂
Sarah
Sain au naturel